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Le Belem : Chapitre 3

8 Août 2014, 09:29am

Publié par Le Highlander

1951-1979 : La période Italienne.

Pendant que notre vénérable sombrait dans l'oubli, un sénateur et mécène Italien, le comte Vittorio Cini recherchait un navire pour le transformer en bateau-école et ainsi achever son projet de fondation maritime, honneur posthume fait à son fils, Giorgio, disparu dans un accident d'avion.

Le but de cette fondation était de restaurer l'île de San Giorgio Maggiore, située dans la lagune vénitienne et d'en faire un grand espace culturel.

Le centre maritime de la fondation accueillait des centaines d'orphelins de marins et de pêcheurs pour les initier à l'univers de la mer.

Les employés de la fondation entendirent parler de la mise en vente du Fantôme II par les héritiers de Sir Arthur Ernest Guinness et surent qu'ils tenaient là l'embarcation dont ils avaient besoin.

Le Giorgio Cini au vieux port de Marseille / Source : http://3mats.net/histoire-du-belem/giorgo-cini.html

Le Giorgio Cini au vieux port de Marseille / Source : http://3mats.net/histoire-du-belem/giorgo-cini.html

Revoilà notre vaillant Trois-Mâts en route pour de nouvelles aventures italiennes.

Une nouvelle fonction synonyme de nouveau nom et de nouvelles transformations pour lui permettre d'accueillir à son bord une soixantaine de jeunes apprentis marins, les "marinaretti".

Le navire désormais nommé le "Giorgio Cini" sillonnera la Méditerranée avec ses élèves marins jusqu'en 1965, date à laquelle il fut jugé trop vétuste et trop dangereux pour pouvoir continuer à naviguer, il fût donc mis à quai à San Giorgio Maggiore pour servir pendant un temps de pensionnat aux mêmes étudiants marins.

Il fût finalement vendu aux carabiniers italiens pour la somme symbolique d'une lire. Ils comptaient eux aussi lui faire subir un nouveau lifting, mais durent renoncer à le conserver fautes de moyens.

Offert aux chantiers naval de Venise en 1976, il retrouva une nouvelle jeunesse et ses gréements perdus ainsi que de nouveaux moteurs, le but étant simplement de pouvoir à nouveau le revendre le moment venu.

Le Giorgio Cini à San Giorgio Maggiore / Source : http://3mats.net/histoire-du-belem/giorgo-cini.html

Le Giorgio Cini à San Giorgio Maggiore / Source : http://3mats.net/histoire-du-belem/giorgo-cini.html

Au début des années 70, alors que le Giorgio Cini était à quai à San Giorgio Maggiore, un citoyen français, le Dr Gosse, passionné de vieux gréements visita le navire et découvrit sur le fronton d'une dunette, une peinture du trois-mats avec son nom d'origine.

De retour en France, il décida d'alerter une opinion publique indifférente du devenir ce bateau issu des chantiers Nantais.

En 1977, les chantiers de Venise mirent enfin le Giorgio Cini en vente et avec le soutien de l'ASCANF (Association pour la Sauvegarde et la Conservation des Anciens Navires Français), le Dr Gosse redoubla d'efforts et parvint à convaincre Jérôme Pichard, Délégué général de l'Union Nationale des Caisses d'Epargne de France de s'intéresser au projet du retour du trois-mâts dans son pays d'origine.

Le projet se concrétisa en janvier 1979, un accord fût conclu entre les chantiers de Venise et les Caisses d'épargne, en mars, le Ministère de la Défense s'engagea dans le projet et offrit de prendre en charge le remorquage du navire jusqu'en France.

C'est enfin au mois d'août à la frontière des eaux territoriales entre la France et l'Italie que le navire qui avait à la vente, repris son nom d'origine fût remis à la Marine Nationale française.

Dix jours plus tard, il entrait avec les honneurs dans le port de Toulon, avant de rejoindre Brest remorqué par le RHM Éléphant.

65 ans après, l'enfant chéri des chantiers Nantais retrouvait ses rivages de naissance et faisait définitivement son entrée dans l'histoire maritime de France pour de nouvelles aventures.

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